Frappe de drone à Goma : qui était l'humanitaire française de l'Unicef tuée le 11 mars 2026 ?

La mort d'une humanitaire française à Goma suscite une onde de choc bien au-delà des frontières de la RDC. Le 11 mars 2026, une frappe de drone a coûté la vie à une employée de l'Unicef dans l'est du Congo, portant à au moins 281 le nombre de travailleurs humanitaires tués dans le monde en 2025, selon l'Aid Worker Security Database (AWSD). Qui était cette femme, quel parcours l'avait menée à Goma, et que signifie sa disparition pour les 6,9 millions de déplacés qui dépendent de l'aide dans le Nord-Kivu ?
Qui est l'humanitaire française tuée par une frappe de drone à Goma ?
Karine Buisset, 54 ans, originaire de Belz dans le Morbihan, était membre du personnel de l'Unicef en République démocratique du Congo. Mère de deux enfants, cette humanitaire française tuée à Goma travaillait auprès des populations déplacées du Nord-Kivu, une province ravagée par les combats entre le M23 et les forces congolaises.
La directrice exécutive de l'Unicef, Catherine Russell, l'a qualifiée de « membre éminent et respecté » du personnel de l'agence. Son parcours ne se limitait pas à la RDC. Un proche la décrit comme « une personne très humaine », passionnée par l'Afrique, où elle avait mené plusieurs missions humanitaires. Son profil professionnel mentionne une expérience au sein de Save the Children, organisation spécialisée dans la protection de l'enfance.
La mort d'une humanitaire française à Goma suscite une onde de choc au sein des Nations unies. Le porte-parole du secrétaire général António Guterres a salué « une humanitaire dévouée qui travaillait sans relâche pour soutenir les enfants et les familles touchés par les conflits ». Karine Buisset est la treizième travailleuse humanitaire tuée dans l'est du Congo depuis janvier 2026, selon Human Rights Watch.
Comment une frappe de drone a tué une humanitaire en plein Goma le 11 mars 2026
Karine Buisset, employée française de l'Unicef, a été tuée le 11 mars 2026 vers 4h30 du matin par une frappe de drone sur un immeuble résidentiel du quartier Himbi, à Goma. Deux civils congolais ont également péri dans l'attaque (source ONU Info, mars 2026). Le quartier Himbi, situé en bordure du lac Kivu, concentre les résidences d'expatriés et les bureaux de nombreuses organisations humanitaires.
Goma est sous contrôle du M23, soutenu par l'armée rwandaise (RDF), depuis janvier 2025. L'armée congolaise (FARDC), équipée de drones de fabrication chinoise et turque, a intensifié ses frappes aériennes sur la ville depuis début 2026. Fin février, une frappe similaire avait tué Willy Ngoma, porte-parole militaire du M23, près de Rubaya. La mort d'une humanitaire française à Goma suscite une onde de choc bien au-delà du Nord-Kivu.
L'Unicef s'est déclarée « dévastée et outrée » par la mort de sa collaboratrice (communiqué Unicef, 11 mars 2026). La MONUSCO a condamné la frappe et évoqué de possibles crimes de guerre. Emmanuel Macron a exigé une « enquête indépendante et impartiale », tandis que l'Union africaine appelait au respect du cessez-le-feu issu des accords de Washington signés le 4 décembre 2025. La mort d'une humanitaire française à Goma suscite des interrogations sur la protection des travailleurs humanitaires en zone de conflit actif.
Pourquoi Goma est devenue la zone la plus dangereuse au monde pour les humanitaires
La RDC est le pays le plus meurtrier au monde pour les travailleurs humanitaires. Selon l'Aid Worker Security Database (AWSD), plus de 40 incidents sécuritaires majeurs ont visé du personnel humanitaire dans l'est du Congo en 2025, un chiffre supérieur à ceux enregistrés en Ukraine, au Soudan ou en Afghanistan sur la même période.
La nature de la menace a changé. Jusqu'en 2023, les risques se concentraient sur les embuscades, pillages et enlèvements le long des axes routiers du Nord-Kivu. L'entrée des drones armés dans le conflit, documentée par la MONUSCO dès 2024, a rendu obsolètes les protocoles de sécurité traditionnels de l'ONU. Bunkerisation des bureaux, couvre-feux internes, restrictions de déplacement : ces mesures protègent contre les tirs sol-sol, pas contre une frappe venue du ciel.
La mort d'une humanitaire française à Goma suscite une onde de choc parce qu'elle illustre cette impasse. OCHA a recensé, sur les trois premiers mois de 2026, plusieurs suspensions temporaires d'opérations à Goma, privant des centaines de milliers de déplacés d'assistance. La mort d'une humanitaire française à Goma suscite aussi un débat sur la capacité même des Nations unies à garantir la sécurité de leur personnel dans une zone de guerre où la technologie des belligérants dépasse les dispositifs de protection disponibles.
Réactions de la France et de la communauté internationale après ce décès
La mort d'une humanitaire française à Goma suscite une vague de condamnations diplomatiques sans précédent depuis le début de l'offensive du M23 en RDC. Emmanuel Macron a dénoncé un « acte inacceptable » dès le 11 mars 2026, exigeant une enquête indépendante. Le Quai d'Orsay a convoqué l'ambassadeur du Rwanda à Paris pour demander des « explications immédiates » sur la frappe de drone ayant visé Goma.
António Guterres, secrétaire général de l'ONU, a réclamé la protection des travailleurs humanitaires conformément au droit international humanitaire. L'Union européenne, par la voix de Josep Borrell, a appelé à un cessez-le-feu immédiat. Washington a adopté une position plus mesurée, demandant une « désescalade » sans nommer directement Kigali.
La mort d'une humanitaire française à Goma suscite surtout un débat relancé sur les sanctions contre le Rwanda et le respect des accords de Luanda signés en août 2024, qui prévoyaient un retrait des forces rwandaises du Nord-Kivu. Suivez notre couverture de la situation humanitaire en RDC et des crises internationales pour rester informé des événements qui façonnent le monde en 2026.
Quelles conséquences concrètes pour les 6 millions de déplacés du Nord-Kivu ?
La mort d'une humanitaire française à Goma suscite une vague de suspensions opérationnelles parmi les organisations présentes dans la zone. L'Unicef a restreint ses déplacements non essentiels dans le Nord-Kivu dès le 12 mars 2026. Plusieurs ONG internationales, dont Médecins Sans Frontières et le Comité international de la Croix-Rouge, ont réduit leurs activités dans les camps autour de Goma, selon OCHA.
Les chiffres donnent la mesure du vide. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA, février 2026), 6,9 millions de personnes déplacées dans le Nord-Kivu dépendent de l'aide pour l'eau potable, les soins et la nutrition infantile. L'Unicef assurait à elle seule le traitement de la malnutrition aiguë sévère pour plus de 100 000 enfants dans la province.
Les précédents sont documentés. Lors des suspensions humanitaires de fin 2024 à Goma, l'Aid Worker Security Database (AWSD) avait enregistré une hausse de 40 % des incidents sécuritaires contre le personnel humanitaire en RDC. La mort d'une humanitaire française à Goma suscite la même spirale : moins de personnel déployé, moins de convois, plus de mortalité évitable dans les camps de Bulengo et Lushagala.
La RDC peut-elle encore protéger ses travailleurs humanitaires ?
La RDC ne dispose pas, à ce jour, des moyens de sécuriser les zones où opèrent ses travailleurs humanitaires. Selon l'Aid Worker Security Database, le pays figurait déjà parmi les cinq plus meurtriers pour le personnel humanitaire en 2025. La mort d'une humanitaire française à Goma suscite une remise en question frontale du dispositif de protection existant.
Le droit international humanitaire impose aux belligérants de garantir l'accès et la sécurité des acteurs de l'aide. Face au M23, soutenu par le Rwanda, et à des dizaines de groupes armés non étatiques, ces obligations restent largement inappliquées. La MONUSCO, dont le retrait progressif est engagé depuis 2024, ne comble plus ce vide sécuritaire.
Trois pistes circulent parmi les ONG et agences onusiennes : corridors humanitaires sécurisés sous supervision de l'OCHA, mécanisme de déconfliction aérienne pour éviter de nouvelles frappes, et cessez-le-feu humanitaire immédiat à Goma. La mort d'une humanitaire française à Goma suscite, au minimum, l'urgence de traduire ces propositions en engagements contraignants.
Suivez notre couverture de la situation humanitaire en RDC et des crises internationales pour rester informé des événements qui façonnent le monde en 2026.
Publié le 12 mars 2026 • Par Lucas Petit
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