Karine Buisset, humanitaire de l'Unicef tuée à Goma : ce que l'on sait

Le 25 février 2026, une humanitaire française de l'Unicef tuée à Goma par une frappe de drone a provoqué une onde de choc bien au-delà de la République démocratique du Congo. Karine Buisset, 53 ans, travaillait depuis plusieurs années pour la protection de l'enfance dans l'est du pays. Sa mort illustre une escalade militaire inédite dans la région, où les frappes de drones contre des zones civiles se multiplient depuis fin 2024, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA). Cet article retrace son parcours, analyse la menace croissante des drones armés en RDC et interroge les limites du droit international face à l'impunité.
Qui était Karine Buisset, l'humanitaire française tuée à Goma ?
Karine Buisset, originaire de Belz dans le Morbihan, était une professionnelle de la protection de l'enfance engagée depuis plusieurs années auprès de l'Unicef. Son parcours l'avait conduite sur différents terrains de crise avant son affectation en République démocratique du Congo.
Spécialisée dans la protection de l'enfance, elle avait consacré sa carrière à des missions humanitaires dans des zones de conflit. L'Unicef, qui emploie environ 13 000 agents répartis dans plus de 190 pays (données Unicef, 2025), l'avait affectée à son bureau de Goma, capitale du Nord-Kivu. Cette province concentre l'une des pires crises humanitaires au monde, avec plus de 6,9 millions de déplacés internes selon OCHA (2025).
Au moment des faits, cette humanitaire française de l'Unicef tuée à Goma occupait un poste opérationnel au sein de l'antenne locale de l'agence onusienne. Son travail consistait à coordonner les programmes de protection des enfants affectés par le conflit armé entre les forces congolaises et le M23. La communauté humanitaire présente à Goma a salué une collègue reconnue pour son engagement sur le terrain.
Frappe de drone dans le quartier Himbi : reconstitution de la nuit du 10 au 11 mars
Un drone armé a frappé le quartier résidentiel de Himbi, à Goma, dans la nuit du 10 au 11 mars 2026, tuant trois personnes. Parmi les victimes : Karine Buisset, une humanitaire française de l'Unicef tuée à Goma, et deux civils congolais dont les identités n'ont pas été rendues publiques dans l'immédiat.
L'explosion s'est produite aux alentours de 2 heures du matin (heure locale), selon les premiers éléments communiqués par OCHA (Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU). Plusieurs habitations ont été soufflées par l'impact. Les secours, ralentis par les combats en périphérie de la ville, n'ont atteint la zone qu'au lever du jour.
Les FARDC (forces armées congolaises) attribuent la frappe au M23, qui nie toute implication. Kinshasa accuse le Rwanda d'avoir fourni les drones utilisés dans l'attaque, une allégation formulée à plusieurs reprises devant le Conseil de sécurité de l'ONU depuis 2024. Kigali rejette ces accusations. L'enquête visant à déterminer l'origine exacte du tir n'a pas encore abouti, alors que la mort de cette humanitaire française de l'Unicef tuée à Goma relance le débat sur la protection du personnel humanitaire en zone de conflit au regard de l'article 8 du Statut de Rome.
Pourquoi les drones changent la donne pour la sécurité des humanitaires en RDC
Les frappes de drones ont transformé Goma en zone de guerre sans ligne de front identifiable. Depuis 2024, le Nord-Kivu subit une multiplication des attaques aériennes par engins sans pilote, utilisés par le M23 et les forces rwandaises selon les rapports du Groupe d'experts des Nations unies (2025). Ces drones de fabrication turque et chinoise, identifiés par la MONUSCO, frappent désormais des quartiers résidentiels et des axes routiers empruntés quotidiennement par le personnel humanitaire.
Le décès d'une humanitaire française de l'Unicef tuée à Goma illustre cette réalité : aucun périmètre de sécurité classique ne protège contre une frappe venue du ciel. OCHA a recensé plus de 120 incidents sécuritaires affectant des travailleurs humanitaires dans le Nord-Kivu sur le seul premier trimestre 2025, un record. Les protocoles d'évacuation conçus pour les tirs d'artillerie ou les embuscades sont inopérants face aux drones.
Les ONG présentes à Goma ont dû réduire leurs déplacements et suspendre des programmes de vaccination, privant des dizaines de milliers d'enfants de soins. Quand une humanitaire française de l'Unicef est tuée à Goma par ce type de menace, c'est toute la chaîne d'aide qui se paralyse.
Réactions de l'Unicef, de la France et de la communauté internationale
La mort d'une humanitaire française de l'Unicef tuée à Goma a provoqué une vague de condamnations internationales. L'Unicef s'est déclaré « bouleversé et indigné », rappelant que son personnel opérait dans des conditions de sécurité déjà critiques en République démocratique du Congo.
Emmanuel Macron a condamné cette attaque et exigé qu'une enquête établisse les responsabilités. La diplomatie française a réclamé le respect du droit international humanitaire, alors que le conflit dans l'est de la RDC s'intensifiait autour de Goma.
L'Union européenne et l'ONU ont réagi d'une même voix. Cibler des travailleurs humanitaires constitue un crime de guerre au sens de l'article 8 du Statut de Rome, cadre juridique de la Cour pénale internationale (CPI). Selon l'Aid Worker Security Database (AWSD), la RDC figure parmi les pays les plus dangereux pour le personnel humanitaire, avec plus de 40 incidents graves recensés en 2024. Le décès de cette humanitaire Unicef tuée à Goma illustre la dégradation sécuritaire que subissent les acteurs de l'aide dans la région, au cœur des crises internationales et de leurs enjeux géopolitiques.
Quelles poursuites possibles devant la CPI pour les attaques contre du personnel onusien ?
L'article 8 du Statut de Rome qualifie de crime de guerre les attaques intentionnelles contre le personnel humanitaire et onusien. La Cour pénale internationale (CPI) désigne le tribunal permanent compétent pour juger ces crimes lorsque les juridictions nationales échouent à le faire. Le meurtre d'une humanitaire française de l'Unicef tuée à Goma entre directement dans ce cadre juridique.
La CPI enquête en RDC depuis 2004, sa plus ancienne situation ouverte. Malgré cette présence prolongée, les condamnations restent rares. Selon l'Aid Worker Security Database (AWSD), la RDC figure parmi les cinq pays les plus dangereux pour le personnel humanitaire, avec des dizaines d'incidents graves recensés chaque année. L'impunité persiste pour une raison structurelle : la multiplicité des groupes armés, la faible coopération des autorités locales et les capacités limitées de la CPI, qui ne peut traiter qu'un nombre restreint de dossiers simultanément.
Le cas d'une humanitaire française de l'Unicef tuée à Goma pourrait relancer la pression internationale sur le procureur de la CPI. Les précédents montrent que seule une volonté politique soutenue, combinée à des mandats d'arrêt ciblés, permet de briser le cycle d'impunité qui frappe les violences contre le personnel ONU en RDC.
Combien d'humanitaires ont été tués en RDC depuis 2020 ?
La RDC figure parmi les cinq pays les plus dangereux au monde pour le personnel humanitaire. Selon l'Aid Worker Security Database (AWSD, 2024), le pays a enregistré 27 attaques majeures contre des travailleurs humanitaires sur la seule année 2024.
Les chiffres s'accumulent. OCHA rapportait 7 humanitaires tués en 2021 dans l'est du pays, 29 blessés et 25 enlevés. En 2025, plus d'une douzaine de travailleurs humanitaires ont perdu la vie, tandis que 626 incidents ciblant le personnel d'aide étaient recensés à l'échelle nationale (OCHA, janvier 2026). Le Nord-Kivu concentre à lui seul 46 % de ces attaques. La mort de l'humanitaire française de l'Unicef tuée à Goma le 11 mars 2026 par une frappe de drone s'inscrit dans cette spirale.
Cette violence restreint directement l'accès aux 6,9 millions de déplacés du Nord-Kivu. Quand une humanitaire de l'Unicef est tuée à Goma, ce sont des programmes de vaccination, d'eau potable et de protection de l'enfance qui s'interrompent.
Pour aller plus loin, retrouvez notre couverture des crises internationales et de leurs enjeux géopolitiques, avec nos analyses approfondies sur les conflits en cours.
Publié le 11 mars 2026 • Par Sophie Bernard
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