Abattage du loup en France : quotas 2025-2026, efficacité réelle et comparaison européenne

Le nombre maximum de loups pouvant être abattus en France atteint 209 pour la période 2024-2025, soit près de 17% de la population estimée. Un record. Pourtant, les attaques sur troupeaux n'ont pas reculé proportionnellement depuis dix ans, malgré des quotas en hausse constante. Cet article confronte les chiffres officiels aux données scientifiques, compare le modèle français aux stratégies italienne, espagnole et suédoise, et mesure l'impact écologique réel de ces prélèvements./p>
De 134 à 209 loups abattus par an : l'évolution chiffrée des quotas depuis 2018
134 loups en 2018, 209 en 2025 : en sept ans, le nombre maximum de loups pouvant être abattus en France a bondi de 56%. Cette progression traduit un choix politique assumé, porté par le plan national d'actions sur le loup et les activités d'élevage, révisé tous les cinq ou six ans.
Le quota d'abattage du loup en France repose sur un pourcentage appliqué à l'effectif estimé. En 2018, le plafond de tirs de loups était fixé à 10 à 12% de la population, soit 134 individus pour une estimation d'environ 500 spécimens. L'arrêté préfectoral annuel, pris par le ministère de la Transition écologique, traduit ce taux en nombre absolu. Chaque année, ce chiffre est recalculé selon les comptages de l'Office français de la biodiversité.
Le tournant de 2019 et l'accélération récente
Le prélèvement du loup a franchi un cap en 2019 avec un relèvement à 19% de l'effectif, portant le quota à environ 170 individus. La population lupine, alors estimée à 900 têtes, progressait plus vite que les destructions autorisées. Le plan national 2024-2029 a encore relevé la barre : 21% de l'effectif estimé, soit 209 loups pour la saison 2025-2026, sur une population évaluée à environ 1 000 individus.
Le nombre maximum de loups pouvant être abattus n'est pas toujours atteint dans les faits. En 2023, 192 autorisations existaient, mais 174 loups ont été effectivement tués. L'écart entre quota théorique et nombre de loups tués par an dépend des conditions de terrain, des refus de tirs et des contraintes saisonnières imposées par la régulation du loup en France.
Qui fixe le nombre maximum de loups à abattre et selon quels critères ?
Cinq acteurs interviennent avant qu'un seul tir soit autorisé. Le ministère de la Transition écologique fixe chaque année le nombre maximum de loups pouvant être abattus, après consultation du Conseil national de la protection de la nature (CNPN). Les DREAL déclinent ensuite ce plafond à l'échelle régionale, et les préfets signent les arrêtés autorisant les tirs de défense ou de prélèvement sur leur département.
Trois critères structurent le quota d'abattage du loup en France. L'effectif estimé par l'OFB constitue la base : 1 104 individus recensés fin 2023, un chiffre contesté par les éleveurs comme par les naturalistes. La dynamique de croissance de la population (environ +7 % par an sur la dernière décennie) entre ensuite dans le calcul. Le volume de dégâts aux troupeaux ferme le triptyque, avec plus de 12 000 attaques indemnisées en 2023.
LLe nombre maximum de loups pouvant être abattus résulte aussi d'un rapport de force politique. La FNSEA réclame un relèvement du plafond de tirs de loups et milite pour un déclassement de l'espèce au niveau européen. Face à elle, des associations comme FERUS ou le WWF dénoncent un prélèvement loup 2024 2025 déjà trop élevé au regard de la directive Habitats. Les arbitrages gouvernementaux oscillent entre ces deux pressions, avec un curseur qui penche visiblement côté monde agricole depuis 2023./p>
Le changement majeur attendu en 2026 confirme cette trajectoire. Les éleveurs n'auront plus à prouver la mise en place de mesures de protection préalables (chiens de garde, clôtures électrifiées) pour obtenir une autorisation de tir de défense.. Cette suppression, réclamée de longue date par les syndicats agricoles, simplifie l'accès aux autorisations de régulation du loup en France et pourrait mécaniquement augmenter le nombre de loups tués par an./p>
Tuer plus de loups réduit-il les attaques ? Ce que montrent les études scientifiques
En 2014, les chercheurs Wielgus et Peebles (Washington State University) publient une étude qui secoue le débat. Leur analyse, portant sur 25 ans de données dans le Montana, le Wyoming et l'Idaho, établit une corrélation contre-intuitive : chaque loup abattu augmente de 4 à 5,5 % la prédation sur le bétail l'année suivante. Plus le nombre maximum de loups pouvant être abattus est élevé, plus les attaques progressent.
Le mécanisme identifié repose sur la déstructuration des meutes. Quand un alpha est tué, la cohésion sociale s'effondre. La meute éclate. Les jeunes, inexpérimentés, se dispersent sur de nouveaux territoires et se rabattent sur des proies faciles, les troupeaux domestiques. Une meute stable chasse le gibier sauvage. Un loup isolé cible un mouton.
Les données françaises de l'OFB dessinent un constat similaire. Entre 2015 et 2023, le quota abattage loup France est passé de 36 à 209 individus autorisés. Sur la même période, le nombre d'attaques constatées a poursuivi sa hausse, passant d'environ 2 800 à plus de 3 700. Le nombre maximum de loups pouvant être abattus a été relevé chaque année, sans inflexion visible de la courbe de prédation.
Ces résultats ont leurs limites. Les partisans du prélèvement soulignent que l'étude Wielgus porte sur des contextes nord-américains, difficilement transposables aux Alpes françaises. Ils avancent aussi un biais méthodologique : la corrélation entre nombre de loups tués par an et hausse des attaques pourrait simplement refléter une réponse à un problème déjà croissant, pas un lien de cause à effet. Sans tirs de prélèvement, argumentent-ils, la prédation aurait peut-être été encore plus élevée. Le débat scientifique reste ouvert, mais une certitude émerge : augmenter le plafond de tirs de loups ne produit pas, à ce jour, la baisse d'attaques espérée.
France, Suède, Espagne, Italie : quatre politiques de gestion du loup comparées
1 200 loups en France, 400 en Suède, 3 300 en Italie : trois populations, trois philosophies radicalement différentes. Le nombre maximum de loups pouvant être abattus varie d'un pays à l'autre selon le statut juridique de l'espèce, la taille de la population et la pression pastorale.
| Pays | Population estimée | Quota annuel | Taux de prélèvement | Statut juridique |
|---|---|---|---|---|
| France | ~1 200 | 209 (2024-2025) | ~17 % | Espèce protégée, dérogations encadrées |
| Suède | ~400 | ~30/an | ~7,5 % | Chasse régulée sous licence |
| Espagne | ~300 (nord-ouest) | 0 | 0 % | Protection intégrale depuis 2021 |
| Italie | ~3 300 | 0 | 0 % | Protection intégrale |
La Suède applique un modèle de licence stricte. Chaque hiver, une trentaine de loups sont prélevés sur décision de l'Agence suédoise de protection de l'environnement. Le plafond de tirs de loups reste bas (7,5 % de la population), ce qui maintient la meute à un seuil jugé viable. Les éleveurs bénéficient en parallèle d'indemnisations rapides, versées parfois en moins de deux semaines.
L'Espagne a fait le choix inverse. Depuis février 2021, toute chasse au loup est interdite sur l'ensemble du territoire. Les premières données montrent une stabilisation des attaques dans certaines régions du nord-ouest, sans explosion démographique de l'espèce. Le dispositif repose sur le renforcement des chiens de protection et des clôtures électrifiées.
L'Italie protège intégralement ses 3 300 loups depuis les années 1970. Aucun quota d'abattage n'existe. La cohabitation s'organise autour de bergers salariés, de chiens patou et de compensations financières aux éleveurs. Le nombre de loups tués par an se limite au braconnage, estimé entre 100 et 200 individus.
Que retenir pour la France ? Le nombre maximum de loups pouvant être abattus en France (17 % de la population) dépasse largement le ratio suédois. Le modèle italien prouve qu'une population trois fois supérieure peut coexister avec l'élevage sans régulation létale, à condition d'investir massivement dans la protection des troupeaux. Pour suivre l'évolution de ces politiques et leurs effets concrets, recevez nos décryptages environnement et politique agricole directement par email en vous inscrivant à la newsletter.
L'impact invisible : que change l'abattage de 200 loups sur l'écosystème alpin ?
Le loup, régulateur silencieux des Alpes
Retirer 200 prédateurs d'un écosystème montagnard ne se résume pas à un simple calcul arithmétique. Le loup régule les populations d'ongulés sauvages (cerfs, chamois, sangliers) en ciblant les individus affaiblis ou malades. Sans cette pression, le surpâturage s'installe. Les études menées à Yellowstone après la réintroduction du loup en 1995 montrent un enchaînement précis : moins de cervidés sur les berges, repousse des saules et des trembles, stabilisation des sols, retour des castors. On parle de cascade trophique. Transposée aux Alpes, cette dynamique interroge directement le nombre maximum de loups pouvant être abattus chaque année sans déséquilibrer la chaîne alimentaire.
Meutes éclatées, prédation désorganisée
Le quota d'abattage du loup en France ne distingue pas les individus reproducteurs des jeunes dispersants. Tuer un alpha désorganise toute la meute. Les loups restants, privés de structure sociale, adoptent un comportement de prédation erratique et se rabattent plus fréquemment sur les troupeaux domestiques. Le plafond de tirs de loups produit alors l'effet inverse de celui recherché : davantage d'attaques sur les élevages, pas moins.
La fragmentation des groupes familiaux complique aussi la reproduction. Une meute stable produit 4 à 6 louveteaux par an, encadrés par des adultes expérimentés qui leur transmettent les techniques de chasse sur proies sauvages. Des meutes éclatées forment des individus moins efficaces, plus opportunistes.
Pastoralisme contre services écosystémiques
Le conflit se cristallise entre deux réalités économiques. D'un côté, les éleveurs subissent des pertes concrètes (12 000 bêtes indemnisées en 2023). De l'autre, le loup rend des services difficilement chiffrables : limitation des dégâts forestiers causés par les cervidés, régénération végétale, maintien de la biodiversité. Le nombre maximum de loups pouvant être abattus devrait intégrer ces bénéfices écologiques dans son calcul, ce que le prélèvement loup 2024 2025 ne fait pas encore.
Déclassement du statut protégé du loup en 2025 : ce qui change concrètement
Le 3 décembre 2024, la Convention de Berne a voté l'abaissement du statut du loup de « strictement protégé » à « protégé ». Une bascule juridique majeure, portée par la Commission européenne et soutenue par la France. Concrètement, ce reclassement ouvre la voie à une révision de l'annexe IV de la directive Habitats, qui encadre la protection des espèces au sein de l'Union européenne.
La ministre de l'Agriculture Annie Genevard a salué cette décision comme une « avancée historique pour les éleveurs ». Son calendrier est clair : transposition dans le droit européen attendue courant 2025, puis adaptation des arrêtés français dans la foulée. Le nombre maximum de loups pouvant être abattus chaque année dépendait jusqu'ici d'un cadre dérogatoire strict. Ce déclassement change la donne en permettant aux États membres de fixer des quotas de prélèvement plus souples, sans passer systématiquement par la procédure d'exception.
Pour les préfets, les marges de manœuvre s'élargissent. Les autorisations de tirs de défense et de prélèvement pourront être délivrées selon des critères assouplis, notamment dans les zones de forte prédation où le quota d'abattage du loup en France était régulièrement atteint avant la fin de saison. Le nombre maximum de loups pouvant être abattus ne sera plus calculé sur la seule base d'un pourcentage fixe de la population estimée, mais pourra intégrer des indicateurs de dommages aux troupeaux.
Le passage au statut « protégé » ne signifie pas open bar. Le loup reste une espèce encadrée par le droit européen. La directive Habitats continuera d'exiger le maintien d'un état de conservation favorable. La vraie question : à quelle vitesse le plafond de tirs de loups sera effectivement rehaussé, et sur quelles bases scientifiques.
Trois alternatives aux tirs létaux déjà efficaces dans les Alpes
Les troupeaux protégés par des patous subissent 60 à 80 % d'attaques en moins selon les suivis de l'OFB. Ce chiffre, stable depuis plusieurs années dans les Alpes, pose une question directe : pourquoi le nombre maximum de loups pouvant être abattus reste le levier prioritaire quand la protection à la source donne des résultats mesurables ? Un chien de protection coûte environ 1 500 € par an (alimentation, soins vétérinaires), soit une fraction du coût d'une opération de tir de prélèvement mobilisant agents et hélicoptères.
Clôtures et regroupement nocturne : un ratio coût/efficacité documenté
Les parcs de nuit électrifiés réduisent la prédation de 90 % sur les zones équipées, d'après les bilans pastoraux en Savoie. L'investissement oscille entre 3 000 et 8 000 € par alpage selon la superficie, amorti en deux saisons si l'on compare aux pertes évitées. Le regroupement nocturne contraint les éleveurs à modifier leurs pratiques, mais les retours terrain dans le Mercantour confirment une chute nette des attaques dès la première année d'installation.
Bergers d'appui et effarouchement : ce que montrent les retours terrain
En Savoie, les programmes de bergers d'appui financés par la DREAL ont permis de couvrir les estives les plus exposées. Résultat : une présence humaine continue qui, combinée à l'effarouchement sonore et lumineux, repousse les meutes sans les habituer à un stimulus unique. Le quota d'abattage du loup en France ne descendra pas tant que ces dispositifs resteront sous-dotés. Le plan national loup 2024-2029 prévoit 35 millions d'euros pour la protection des troupeaux, un montant jugé insuffisant par la Cour des comptes au regard des surfaces pastorales alpines à couvrir.
Le paradoxe est lisible dans les chiffres : les mesures non létales fonctionnent là où elles sont déployées, mais le nombre maximum de loups pouvant être abattus continue d'augmenter chaque année. Le sous-financement chronique de la prévention alimente mécaniquement la demande de tirs de prélèvement. Pour suivre l'évolution de ce dossier et nos analyses sur la régulation du loup en France, inscrivez-vous à notre newsletter environnement et politique agricole.
Publié le 24 février 2026 • Par Antoine Lefebvre
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