Anne-Claire Legendre à l'IMA : ce que change le passage d'une diplomate après 12 ans de Jack Lang

Qui est Anne-Claire Legendre qui succède à Jack Lang à la tête de l'Institut du monde arabe ? La question dépasse le simple portrait. Après 12 ans d'une présidence façonnée par l'aura médiatique de Lang, c'est un changement de logiciel qui s'opère : une diplomate de carrière, passée par le Quai d'Orsay et l'ambassade de France en Arabie saoudite, remplace un animal politique habitué des plateaux télé. Cet article décrypte ce que cette transition implique concrètement pour le budget, la programmation et le positionnement géopolitique de l'IMA.
De Rennes au Quai d'Orsay : les postes clés qui ont forgé Anne-Claire Legendre
Trois diplômes, quatre continents, une trajectoire rectiligne vers les plus hauts postes de la diplomatie française. Anne-Claire Legendre, qui succède à Jack Lang à la présidence de l'IMA, a construit un profil rare dans le sérail diplomatique. Formée à Sciences Po, à l'Inalco (où elle perfectionne sa maîtrise de l'arabe) puis à la Sorbonne, elle cumule un triple ancrage académique que peu de diplomates français peuvent revendiquer.
Sa carrière suit une logique géographique précise. Premier poste au Yémen, puis l'ONU à New York, où elle gravit les échelons jusqu'à devenir consule générale, première femme à occuper cette fonction dans la capitale économique américaine. Ambassadrice au Koweït ensuite, elle consolide son expertise sur le monde arabe, un fil rouge qui traverse l'ensemble de son parcours.
LLe tournant politique intervient en 2022. Nommée porte-parole du Quai d'Orsay, elle devient le visage public de la diplomatie française pendant une période marquée par la guerre en Ukraine et les crises au Sahel. Son passage comme conseillère à l'Élysée scelle une proximité directe avec Emmanuel Macron, construite dans l'exercice quotidien du pouvoir./p> p>Cette arabisante confirmée hérite aujourd'hui d'une institution dédiée au dialogue avec le monde arabe. Qui est Anne-Claire Legendre qui succède à Jack Lang ? Une diplomate dont le parcours semble avoir été dessiné pour ce poste. Sa connaissance intime des chancelleries du Golfe, combinée à son expérience des arcanes élyséennes, lui confère une légitimité que ses prédécesseurs n'avaient pas sur le volet diplomatique.
Pourquoi Jack Lang a quitté l'IMA : affaire Epstein, perquisitions et démission forcée
Janvier 2025, des enquêteurs du Parquet national financier perquisitionnent directement les locaux de l'Institut du monde arabe. L'objet : une enquête pour blanchiment de fraude fiscale visant Jack Lang, dans le sillage de ses liens financiers avec JJeffrey Epstein/strong>. Le milliardaire américain, décédé en 2019, aurait versé plusieurs centaines de milliers d'euros à l'ancien ministre de la Culture entre 2013 et 2018. Des sommes dont l'origine et la destination restent au cœur des investigations.
La perquisition à l'IMA marque un tournant. Pendant 12 ans, Jack Lang a dirigé l'institution avec une empreinte considérable : fréquentation portée à plus de 1,2 million de visiteurs annuels, expositions à forte résonance médiatique (« Hajj » en 2014, « Foot et monde arabe » en 2019), budget stabilisé autour de 28 millions d'euros. Son réseau diplomatique et sa visibilité politique faisaient de lui un président difficilement remplaçable. La mise en cause judiciaire a changé la donne.
Sa démission, présentée comme volontaire, intervient sous pression gouvernementale. L'Élysée accepte le départ sans délai, un signal clair : aucune protection institutionnelle ne prévaut face à une enquête pénale de cette ampleur. La question « qui est Anne-Claire Legendre qui succède à Jack » Lang prend alors tout son sens politique. Le choix d'une diplomate de carrière, sans attache partisane marquée, traduit la volonté de tourner la page d'une présidence personnalisée à l'excès. Le successeur de Jack Lang devait incarner la rigueur après l'ère du flamboyant.
Diplomate de carrière vs figure politique : ce que le profil Legendre change pour l'IMA
Jack Lang dirigeait l'Institut du monde arabe comme il a dirigé le ministère de la Culture : en multipliant les événements médiatiques, les inaugurations prestigieuses et les appels directs à l'Élysée. Qui est Anne-Claire Legendre qui succède à Jack Lang ? Une diplomate formée à la négociation silencieuse, habituée des ambassades et des couloirs du Quai d'Orsay, pas des plateaux télévisés.
La différence se lira d'abord dans la programmation. Lang attirait 800 000 visiteurs par an grâce à des expositions spectaculaires, souvent portées par son réseau politique français. Legendre devrait privilégier une diplomatie culturelle plus structurée, tissée avec les institutions des pays arabes qu'elle connaît depuis ses postes à Riyad et au Moyen-Orient. Moins de coups d'éclat, plus de partenariats bilatéraux au long cours.
Le vrai enjeu reste le carnet d'adresses. Lang décrochait son téléphone pour joindre un ancien président ou un mécène du CAC 40. Le parcours politique d'Anne-Claire Legendre lui ouvre d'autres portes : celles des ministères des Affaires étrangères du Golfe, des fonds souverains culturels et des réseaux francophones au Maghreb. Deux logiques complémentaires, rarement réunies dans un même mandat.
Le précédent le plus parlant ? Le passage du Centre Pompidou de Dominique de Villepin (président du conseil d'administration, profil politique) à des gestionnaires issus de l'administration culturelle. Le résultat a souvent été le même : une baisse de visibilité médiatique compensée par un pilotage financier plus rigoureux et des programmes mieux ancrés dans les réseaux internationaux. Qui est Anne-Claire Legendre qui succède à Jack Lang à la tête de l'IMA ? Probablement la personne qui transformera un lieu de spectacle politique en outil de diplomatie culturelle opérationnel.
Trois candidats en lice : pourquoi Legendre l'a emporté face à Amellal et Poivre d'Arvor
Trois noms circulaient dans les couloirs de l'Élysée pour succéder à Jack Lang. Karim Amellal, ambassadeur délégué au numérique et fin connaisseur du monde arabe, disposait d'un profil intellectuel solide. Patrick Poivre d'Arvor, figure médiatique au carnet d'adresses considérable, apportait une visibilité immédiate. Mais c'est Anne-Claire Legendre qui a été choisie, et ce choix n'a rien d'un hasard.
Qui est Anne-Claire Legendre qui succède à Jack Lang sur ce poste si exposé ? Une diplomate de carrière, passée par le Quai d'Orsay comme porte-parole, rompue aux équilibres géopolitiques du Moyen-Orient. Là où Amellal manquait d'expérience institutionnelle à la tête d'un établissement de cette envergure, et où Poivre d'Arvor traînait des controverses personnelles incompatibles avec une nomination publique en 2026, Legendre cochait les trois cases décisives : connaissance du terrain arabophone, maîtrise des rouages administratifs, absence de polémique.
L'Élysée a piloté cette nomination de près. Le choix révèle une stratégie culturelle calibrée : replacer l'IMA dans le champ diplomatique plutôt que dans celui du spectacle médiatique. Emmanuel Macron mise sur un profil technique capable de relancer les partenariats avec les pays du Golfe, premiers financeurs de l'institut. La nomination d'Anne-Claire Legendre traduit aussi une volonté de tourner la page Lang sans rupture brutale, en installant une figure qui connaît les codes du pouvoir sans en être prisonnière. Pour suivre l'actualité politique et culturelle française décryptée, retrouvez nos analyses approfondies sur les nominations qui façonnent les institutions.
Budget, fréquentation, partenariats : les défis concrets qui attendent la nouvelle présidente
30 millions d'euros de budget annuel, dont près de 60 % issus de subventions publiques françaises et de contributions des États arabes membres. Voilà l'équation financière que doit résoudre celle qui succède à Jack Lang. Sous la présidence Lang, le mécénat privé avait progressé, mais les revenus propres (billetterie, location d'espaces, librairie) restent fragiles, représentant à peine un quart des ressources totales de l'Institut du monde arabe.
Côté fréquentation, l'IMA a oscillé entre 800 000 et 1,2 million de visiteurs par an ces cinq dernières années, avec un pic en 2023 grâce à l'exposition sur le parfum dans la culture arabe. L'objectif affiché pour 2026 dépasse le million. Atteindre ce seuil suppose une programmation capable de toucher au-delà du public habituel, plus jeune, plus diversifié géographiquement. Anne-Claire Legendre, forte de son parcours politique et diplomatique, devra transformer ses réseaux en leviers d'attractivité concrète.
Un partenariat géopolitique sous tension
Les 22 pays arabes cofondateurs de l'IMA ne forment plus le bloc diplomatique de 1987. La guerre à Gaza a fracturé les positions. Les accords d'Abraham ont redistribué les alliances régionales. Les tensions au Sahel ont refroidi les relations entre Paris et plusieurs capitales du Maghreb et du Moyen-Orient. Qui est Anne-Claire Legendre qui succède à Jack Lang dans ce contexte reconfiguré ? Une diplomate rompue aux négociations bilatérales, passée par le Quai d'Orsay et le porte-parolat du ministère des Affaires étrangères.
La programmation culturelle cristallise ces enjeux. Sous Jack Lang, l'IMA misait sur de grandes expositions événementielles, parfois critiquées pour leur coût rapporté à la fréquentation réelle. La nouvelle présidente devra arbitrer entre deux logiques : maintenir une vitrine diplomatique au service des relations franco-arabes, ou pivoter vers un modèle plus tourné vers le grand public et l'autofinancement. Les premiers choix de programmation, attendus d'ici l'automne 2026, donneront le ton de cette présidence.
Première femme à diriger l'IMA : un tournant pour la diplomatie culturelle française
Première femme consule générale de France à New York en 2019, première femme porte-parole du Quai d'Orsay en 2022. Anne-Claire Legendre collectionne les précédents. Sa nomination à la tête de l'Institut du monde arabe s'inscrit dans cette logique de parcours, mais elle dépasse le simple fait de carrière. Après 12 ans de présidence masculine, l'IMA accueille pour la première fois une dirigeante.
Un signal aligné avec la diplomatie féministe française
La France porte depuis 2018 une stratégie internationale de diplomatie féministe, formalisée par le Quai d'Orsay. Le budget consacré aux projets liés à l'égalité de genre dans l'action extérieure a progressé de manière continue sur cette période. Nommer une femme à la présidence d'une institution qui dialogue avec 22 pays arabes donne à cette politique un ancrage concret, visible, dans un secteur où les postes de direction restent majoritairement masculins.
Qui est Anne-Claire Legendre qui succède à Jack Lang dans ce contexte précis ? Une diplomate dont le parcours politique incarne exactement le profil recherché : connaissance des enjeux multilatéraux, expérience du terrain culturel (New York, Arabie saoudite), et légitimité institutionnelle suffisante pour porter un message sur le genre sans qu'il soit perçu comme imposé.
Réactions et leviers concrets
Dans les cercles diplomatiques arabes, la nomination a suscité une attention mesurée. Plusieurs ambassadeurs ont salué le choix d'une interlocutrice rompue aux codes du Golfe, où elle a été en poste. La question du genre, loin d'être un obstacle, peut devenir un levier programmatique : expositions sur les créatrices arabes contemporaines, résidences croisées pour artistes femmes, partenariats avec les fondations culturelles dirigées par des femmes dans la région.
Qui est Anne-Claire Legendre qui succède à Jack Lang au regard de ces enjeux ? Moins un symbole qu'une opératrice capable de transformer une orientation politique en programmation culturelle tangible. Pour aller plus loin dans le décryptage de ces nominations stratégiques, retrouvez nos analyses approfondies sur les figures qui façonnent les institutions françaises.
Publié le 17 février 2026 • Par Antoine Lefebvre
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