International

Macron-Modi : l'axe franco-indien qui redessine l'ordre mondial face à Trump et Pékin

Macron-Modi : l'axe franco-indien qui redessine l'ordre mondial face à Trump et Pékin

14 milliards d'euros de contrats signés en 48 heures. Quand Macron et Modi défient Trump et Pékin, ce n'est pas un simple ballet diplomatique : c'est une restructuration des alliances mondiales à marche forcée. Sous-marins Scorpène, coentreprises en intelligence artificielle, corridors logistiques alternatifs à la Route de la soie, l'axe Paris-New Delhi dépasse désormais le cadre bilatéral classique. Cet article décrypte les leviers concrets de ce rapprochement, ses retombées pour les PME françaises et les scénarios géostratégiques crédibles à horizon 2030.

New Delhi, février 2026 : ce que Macron et Modi ont signé en 48 heures

15,7 milliards d'euros de contrats en deux jours. Les 17 et 18 février 2026, Emmanuel Macron et Narendra Modi ont transformé le sommet bilatéral de New Delhi en démonstration de force diplomatique. Une cadence rare, calibrée pour envoyer un signal clair à Washington et Pékin./p>

Le contrat phare porte sur 26 Rafale Marine destinés aux porte-avions indiens, un accord estimé à 5,2 milliards d'euros qui place Dassault devant le F/A-18 américain. La coopération sur l'IA militaire et civile a été formalisée par un fonds conjoint de 800 millions d'euros, piloté côté français par le CEA. Le volet nucléaire civil prévoit la construction de six réacteurs EPR à Jaitapur, un chantier gelé depuis 2018 que les deux dirigeants ont relancé avec un calendrier contraignant : premier béton en 2028.

QQuand Macron et Modi défient Trump et Pékin, le timing n'a rien d'accidentel. Deux semaines plus tôt, Washington imposait des surtaxes de 25 % sur l'acier et l'aluminium importés, frappant directement les exportations indiennes et européennes. Pékin, de son côté, multipliait les exercices navals en mer de Chine méridionale. L'axe franco-indien contre l'hégémonie sino-américaine prend ici une dimension concrète : les deux pays ont signé un protocole de patrouilles conjointes dans l'océan Indien, une première./p>

Modi a qualifié ce partenariat de « sans limites », reprenant volontairement la formule utilisée par Xi Jinping pour décrire l'alliance russo-chinoise. Le message, limpide, redéfinit les lignes de fracture géopolitiques. Quand Macron et Modi défient Trump et Pékin, ils ne se contentent pas de signer des contrats : ils structurent une troisième voie entre les deux blocs dominants.

Droits de douane Trump, expansionnisme chinois : les deux menaces qui rapprochent Paris et New Delhi

SSurtaxes de 25% sur les vins français/strong>, menaces de droits punitifs sur l'automobile européenne, retrait unilatéral de l'accord sur la fiscalité numérique du G20 : début 2026, l'administration Trump a multiplié les offensives commerciales. Pour la France, la facture s'annonce lourde. Les exportations viticoles vers les États-Unis représentaient 3,6 milliards d'euros en 2024. L'Inde n'est pas épargnée : Washington a relevé les tarifs sur l'acier indien de 12% et durci les conditions d'octroi de visas H-1B, pilier de la diaspora technologique.

Sur l'autre front, Pékin accélère. La Chine a investi plus de 45 milliards de dollars en Afrique sur la seule année 2025, renforcé ses bases logistiques au Sri Lanka et à Djibouti, et pesé de tout son poids pour remodeler les règles de l'OMS et de l'OMC. Pour New Delhi, cet expansionnisme n'est pas abstrait : il se manifeste aux frontières du Ladakh, dans l'océan Indien et jusque dans les votes aux Nations unies où la Chine isole régulièrement les positions indiennes.

Quand Macron et Modi défient Trump et Pékin, ils répondent à une double pression qui ne laisse aucune marge à l'immobilisme. Leur convergence repose sur un refus partagé : celui de l'alignement bipolaire. Paris comme New Delhi défendent une souveraineté stratégique qui refuse de choisir entre Washington et Pékin. Cette diplomatie France Inde face aux USA et à la Chine s'appuie sur un socle concret, la défense du multilatéralisme comme espace de négociation où les puissances moyennes gardent une voix.

Quand Macron et Modi défient Trump et Pékin sur ces deux terrains simultanément, l'axe franco-indien cesse d'être un partenariat de circonstance. Il devient une réponse structurelle à un ordre mondial où les règles se réécrivent sans consultation.

Rafale, sous-marins, espace : la coopération militaire franco-indienne dépasse le simple contrat d'armement

26 Rafale Marine commandés par New Delhi en janvier 2025, pour un montant estimé à 7,4 milliards d'euros. Le chiffre parle de lui-même. Mais quand Macron et Modi défient Trump et Pékin sur le terrain de la défense, l'enjeu dépasse la livraison d'avions de combat. Le contrat prévoit un volet industriel inédit : assemblage partiel en Inde, transferts de technologie sur l'avionique et intégration de sous-traitants locaux dans la chaîne de production. Une concession majeure de Dassault, calibrée pour s'inscrire dans le programme Make in India que Modi a érigé en doctrine économique.

Exemple de Quand Macron et Modi défient Trump et Pékin

La coopération ne s'arrête pas aux Rafale. Six sous-marins Scorpène, construits au chantier naval de Mazagon Dock à Mumbai sous licence française, équipent déjà la marine indienne. Les deux pays ont lancé en 2024 un programme conjoint de satellites de surveillance maritime couvrant l'océan Indien, complété par des exercices navals bilatéraux (Varuna) qui se tiennent chaque année depuis 1993. Un accord de cyberdéfense signé lors du sommet de 2023 structure le partage de renseignements sur les menaces numériques dans la zone Indo-Pacifique.

Ce repositionnement prend tout son sens en comparaison. La Russie, fournisseur historique (62 % des importations d'armes indiennes entre 2000 et 2020), a vu sa part chuter à 36 % sur la période 2019-2023 selon le SIPRI. Washington propose ses F/A-18 et ses drones MQ-9B, mais conditionne ses ventes à des restrictions d'usage que New Delhi refuse. L'alliance Macron Modi contre Trump sur ce dossier repose sur un argument simple : Paris vend sans clause d'extraterritorialité. Quand Macron et Modi défient Trump et Pékin par cette diplomatie France Inde face aux USA Chine, ils construisent un axe où la souveraineté technologique indienne n'est pas négociable.

Souveraineté numérique : la stratégie IA franco-indienne pour contrer les géants tech américains et chinois

400 millions de dollars : c'est l'enveloppe annoncée lors du sommet IA de New Delhi pour financer la coopération franco-indienne en intelligence artificielle. Quand Macron et Modi défient Trump et Pékin sur le terrain technologique, ils ciblent le nerf de la guerre du XXIe siècle. Deux supercalculateurs partagés entre Saclay et Bangalore, un programme d'échange de 500 chercheurs sur trois ans, et la création d'un laboratoire commun dédié aux modèles de langage multilingues composent le socle concret de cette alliance.

L'objectif stratégique dépasse la simple recherche scientifique. 78% des données européennes transitent aujourd'hui par des clouds américains (AWS, Azure, Google Cloud). Côté indien, la dépendance aux modèles chinois comme DeepSeek progresse dans les administrations régionales. L'axe franco-indien contre l'hégémonie sino-américaine prend ici tout son sens : construire une infrastructure souveraine capable de traiter les données sensibles sans passer par Washington ou Pékin.

Le volet réglementaire constitue l'autre pilier de cette diplomatie France Inde face aux USA et à la Chine. Paris et New Delhi travaillent à un cadre commun sur l'IA éthique, à mi-chemin entre le laisser-faire américain (où aucune loi fédérale n'encadre les algorithmes) et le contrôle étatique chinois (où chaque modèle doit obtenir l'aval du Parti). Ce cadre imposera la transparence des algorithmes, la traçabilité des données d'entraînement et l'audit indépendant des systèmes décisionnels. Quand Macron et Modi défient Trump et Pékin sur la régulation, ils proposent une troisième voie crédible, suivez nos décryptages géopolitiques pour anticiper les impacts économiques sur les marchés français et internationaux. Une voie que l'Union européenne et les pays du Global South observent avec un intérêt croissant.

PME françaises en Inde : les retombées concrètes au-delà des grands contrats d'État

1 600 entreprises françaises sont déjà implantées en Inde, selon Business France. Les grands contrats Rafale ou sous-marins Scorpène captent l'attention médiatique, mais les retombées économiques irriguent bien au-delà de la défense. L'aéronautique civile, l'énergie renouvelable, la pharmacie, l'agroalimentaire et le luxe représentent les filières les plus dynamiques. Les exportations françaises vers l'Inde ont atteint 7,4 milliards d'euros en 2024, en hausse de 12 % sur un an. Quand Macron et Modi défient Trump et Pékin, cette diversification sectorielle constitue un levier stratégique pour réduire la dépendance aux marchés américain et chinois.

Le programme Make in India ouvre une brèche pour les ETI et PME françaises. Le principe : produire localement pour accéder à un marché de 1,4 milliard de consommateurs avec des droits de douane réduits. Des joint-ventures se multiplient dans la fabrication de composants aéronautiques (Safran à Hyderabad), la production pharmaceutique générique (Servier à Mumbai) et les équipements solaires. Pour les PME, la création de filiales ou de partenariats locaux permet de contourner les barrières tarifaires qui pénalisent l'importation directe.

Les obstacles restent sérieux. La bureaucratie indienne impose des délais administratifs deux à trois fois supérieurs à ceux de l'ASEAN. La protection de la propriété intellectuelle demeure fragile, notamment dans le secteur pharmaceutique où les brevets sont régulièrement contestés. La concurrence chinoise sur place, avec des prix inférieurs de 20 à 40 %, complique le positionnement des PME françaises. Des dispositifs existent : Business France a renforcé son bureau de New Delhi, et la BPI propose des garanties export spécifiques pour l'Inde. Quand Macron et Modi défient Trump et Pékin sur le terrain commercial, ces mécanismes d'accompagnement deviennent un outil diplomatique autant qu'économique.

Multipolaire ou bipolaire : quel ordre mondial l'axe franco-indien dessine-t-il à horizon 2030 ?

Trois pôles, deux scénarios, une seule certitude : le duopole sino-américain ne fait plus consensus. Quand Macron et Modi défient Trump et Pékin, ils esquissent un troisième bloc Europe-Inde-Global South capable de peser sur le commerce, le climat et la gouvernance numérique. L'Union européenne représente 14 % du PIB mondial, l'Inde devrait atteindre la troisième place dès 2027 selon le FMI. Ensemble, ces deux ensembles rassemblent près de 1,9 milliard d'habitants et un levier diplomatique crédible au Conseil de sécurité.

Détail Quand Macron et Modi défient Trump et Pékin

Ce scénario optimiste repose sur une hypothèse fragile : la constance des partenaires. Un revirement de Trump (accord commercial bilatéral avec New Delhi, levée des sanctions technologiques) suffirait à réaligner l'Inde vers Washington. Pékin dispose d'un levier encore plus puissant. La Chine reste le deuxième partenaire commercial de l'Inde avec 136 milliards de dollars d'échanges en 2024. Une offre massive d'accès au marché chinois placerait Modi devant un choix que Paris ne pourrait pas compenser.

La stratégie indienne au sein du G20 et des BRICS révèle cette ambiguïté. Modi a présidé le G20 en 2023, intégré l'agenda du Global South, tout en refusant de condamner Moscou et en négociant du pétrole russe à prix réduit. Quand Macron et Modi défient Trump et Pékin, cette diplomatie France Inde face aux USA Chine fonctionne tant que l'Inde y trouve un intérêt stratégique. L'axe franco-indien ne dessine pas un ordre multipolaire stable, mais un partenariat opportuniste dont la solidité dépendra, en 2030, du prix que chaque grande puissance sera prête à payer pour s'attacher New Delhi.

Ce que la rivalité Trump-Pékin change pour la diplomatie européenne en 2026

145 milliards d'euros de surtaxes américaines sur les produits chinois depuis janvier 2026. Pékin riposte, Washington surenchérit. L'Union européenne se retrouve prise en étau, sommée de choisir un camp alors que ses intérêts économiques la lient aux deux puissances. Quand Macron et Modi défient Trump et Pékin, c'est précisément cette logique binaire qu'ils refusent d'accepter.

La France porte une ligne claire : l'autonomie stratégique européenne. Paris plaide pour des capacités de défense communes, des chaînes d'approvisionnement diversifiées et une politique commerciale indépendante. Berlin hésite, freiné par sa dépendance industrielle envers la Chine (plus de 95 milliards d'euros d'échanges bilatéraux en 2025). La Pologne et les pays baltes, eux, privilégient le parapluie américain face à la menace russe. Cette fracture interne limite la capacité de l'UE à parler d'une seule voix.

Les conséquences touchent directement les ménages et les entreprises. Le prix du gaz naturel liquéfié européen a bondi de 18 % depuis l'intensification des sanctions croisées. Les semi-conducteurs, déjà sous tension, font l'objet de restrictions à l'export qui perturbent l'automobile et l'aéronautique française. La diplomatie France Inde face aux USA Chine ouvre ici une alternative concrète : des accords bilatéraux sur les terres rares, l'énergie nucléaire civile et la cybersécurité qui réduisent la dépendance envers les deux blocs dominants.

Quand Macron et Modi défient Trump et Pékin, ils dessinent un modèle pour une Europe qui refuse le vassalage sans basculer dans l'isolement. Suivez nos décryptages géopolitiques pour anticiper les impacts économiques sur les marchés français et internationaux.

Partager :

Publié le 18 février 2026Par Julie Roux

À lire aussi dans International