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Froid polaire aux États-Unis : bilan mortel et Trump sceptique

Illustration: Froid polaire aux États-Unis : bilan mortel et Trump sceptique

Une vague de froid meurtrière paralyse les États-Unis

Le mercure chute. Les routes se transforment en patinoires géantes. Des millions d'Américains affrontent actuellement l'une des vagues de froid les plus intenses de ces dernières années. Selon le National Weather Service (le service météorologique américain), les températures ont plongé jusqu'à -40°C dans certaines régions du Midwest. Cette situation exceptionnelle a déjà coûté la vie à plusieurs dizaines de personnes à travers le pays. Les autorités sanitaires multiplient les alertes et les appels à la prudence.

Force est de constater que cette vague de froid polaire ne ressemble pas aux hivers ordinaires. D'après l'agence Reuters, au moins 47 décès ont été recensés depuis le début de l'épisode météorologique. Les victimes sont principalement des sans-abri et des personnes âgées. Certains sont morts d'hypothermie dans leur voiture. D'autres ont succombé à des accidents de la route sur des chaussées verglacées. Cette tragédie humaine soulève des questions sur la préparation des infrastructures américaines face aux événements climatiques extrêmes.

Parallèlement, les réseaux électriques sont mis à rude épreuve. Plusieurs États ont connu des coupures de courant massives. Plus de 500 000 foyers se sont retrouvés sans électricité au pic de la crise, rapporte l'AFP. On peut se demander comment un pays aussi développé peut encore être aussi vulnérable face à de telles conditions météorologiques. Les compagnies d'électricité travaillent jour et nuit pour rétablir le service. Néanmoins, la situation reste critique dans plusieurs comtés ruraux.

Centre d'hébergement d'urgence accueillant les sans-abri pendant le froid polaire américain

Donald Trump affiche son scepticisme climatique

Dans ce contexte dramatique, les déclarations de Donald Trump ont fait grand bruit. L'ancien président américain, figure centrale du parti républicain, a une nouvelle fois exprimé ses doutes sur le réchauffement climatique. « Où est le réchauffement climatique quand on en a besoin ? », a-t-il ironisé sur son réseau social Truth Social. Cette sortie a immédiatement suscité un tollé dans la communauté scientifique. Les climatologues rappellent que le dérèglement climatique provoque justement des phénomènes météorologiques plus extrêmes.

En effet, le scepticisme de Trump n'est pas nouveau. Il a régulièrement remis en question les conclusions du GIEC (le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat). Pourtant, les scientifiques sont formels sur ce point. Le réchauffement de la planète déstabilise le vortex polaire. Cette masse d'air froid normalement confinée au-dessus de l'Arctique peut alors descendre vers le sud. C'est précisément ce phénomène qui frappe actuellement les États-Unis, expliquent les météorologues.

Les réactions politiques se multiplient

La classe politique américaine s'est rapidement emparée du sujet. Les démocrates ont vivement critiqué les propos de Trump. Joe Biden, président sortant, a appelé les Américains à « prendre au sérieux la menace climatique ». Selon lui, nier le réchauffement climatique face à de telles catastrophes est irresponsable. De leur côté, plusieurs gouverneurs républicains ont préféré éviter la polémique. Ils se concentrent sur la gestion de crise dans leurs États respectifs. Cette division politique illustre parfaitement le clivage américain sur les questions environnementales.

Par ailleurs, des élus locaux demandent une aide fédérale d'urgence. Les budgets des comtés sont déjà épuisés par les opérations de déneigement. Les hôpitaux font face à un afflux de patients souffrant d'engelures ou d'hypothermie. Les services sociaux multiplient les maraudes pour protéger les sans-abri. Cette mobilisation générale montre l'ampleur de la crise. Toutefois, certains estiment que les moyens restent insuffisants face à l'urgence de la situation.

La communauté scientifique réagit

Les climatologues ont rapidement répondu aux propos de Trump. Selon le climatologue Michael Mann, de l'université de Pennsylvanie, confondre météo et climat est une « erreur fondamentale ». Il rappelle que le réchauffement climatique se mesure sur des décennies. Une vague de froid ponctuelle ne remet absolument pas en cause les tendances de fond. D'autres chercheurs soulignent que ces épisodes extrêmes deviendront plus fréquents. Le dérèglement climatique amplifie tous les phénomènes météorologiques, qu'ils soient chauds ou froids.

  • Vortex polaire déstabilisé : le réchauffement de l'Arctique perturbe cette masse d'air froide habituellement stable
  • Jet-stream affaibli : les courants atmosphériques qui maintiennent l'air froid au nord perdent en intensité
  • Événements extrêmes : les scientifiques observent une augmentation de la fréquence et de l'intensité des vagues de froid
  • Paradoxe apparent : un monde qui se réchauffe en moyenne peut localement connaître des froids intenses

Un bilan humain qui s'alourdit d'heure en heure

Chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles. Le bilan humain de cette vague de froid polaire ne cesse de s'aggraver. D'après les derniers chiffres communiqués par l'Associated Press, le nombre de victimes dépasse désormais la cinquantaine. Les États les plus touchés sont le Texas, le Tennessee et l'Ohio. De nombreuses victimes étaient des personnes vulnérables sans accès à un chauffage adéquat. Cette tragédie silencieuse met en lumière les inégalités sociales face aux catastrophes naturelles.

En outre, les accidents de la route représentent une part importante des décès. Les autoroutes transformées en véritables patinoires ont causé des carambolages spectaculaires. Sur l'Interstate 70 dans l'Indiana, un accident impliquant plus de 40 véhicules a fait trois morts. Les autorités ont fermé plusieurs axes routiers par mesure de précaution. Malgré ces restrictions, certains automobilistes prennent encore des risques inconsidérés. Les forces de l'ordre appellent à la plus grande prudence sur les routes.

Les populations vulnérables en première ligne

Les sans-abri paient le plus lourd tribut à cette crise météorologique. Dans les grandes villes comme Chicago ou Detroit, les associations caritatives sont débordées. Les refuges d'urgence affichent complet depuis plusieurs jours. Selon l'organisation Homeless Alliance, la capacité d'accueil est largement insuffisante. Des bénévoles sillonnent les rues pour convaincre les personnes réticentes de se mettre à l'abri. Certains sans-abri refusent pourtant d'abandonner leurs affaires ou leurs animaux de compagnie.

De même, les personnes âgées constituent une population particulièrement à risque. Beaucoup vivent seules et peinent à chauffer correctement leur logement. Les services sociaux multiplient les appels téléphoniques pour prendre des nouvelles des plus isolés. Plusieurs décès sont survenus dans des domiciles où le chauffage avait été coupé faute de paiement. Cette réalité glaçante interpelle sur les filets de sécurité sociale américains. Des élus demandent l'interdiction des coupures d'énergie pendant les épisodes de froid extrême.

  • Les sans-abri représentent environ 30% des victimes du froid polaire
  • Les personnes de plus de 65 ans sont trois fois plus vulnérables à l'hypothermie
  • Les foyers à faibles revenus consacrent jusqu'à 20% de leur budget au chauffage en hiver
  • Plusieurs États ont décrété des moratoires sur les coupures d'électricité pendant la crise
  • Les associations caritatives signalent une hausse de 40% des demandes d'aide

Des infrastructures mises à rude épreuve

Au-delà du bilan humain, les infrastructures américaines souffrent énormément. Le réseau électrique montre ses faiblesses face à des températures aussi basses. Les pics de consommation liés au chauffage provoquent des surcharges. Selon l'Energy Information Administration, la demande d'électricité a atteint des niveaux historiques dans plusieurs régions. Les gestionnaires de réseau ont dû procéder à des délestages programmés. Ces coupures volontaires permettent d'éviter un effondrement total du système électrique.

Parallèlement, les canalisations d'eau gèlent dans de nombreux logements. Les plombiers sont submergés d'appels depuis le début de la crise. Les dégâts des eaux consécutifs aux ruptures de canalisations se chiffrent déjà en millions de dollars. Les compagnies d'assurance s'attendent à un nombre record de déclarations de sinistres. Cette situation rappelle tristement la crise du Texas en 2021, lorsque le réseau électrique s'était effondré pendant une vague de froid similaire.

Les transports totalement paralysés

Le secteur des transports est particulièrement affecté par ces conditions météorologiques extrêmes. Les aéroports de Chicago O'Hare et Denver International ont annulé des centaines de vols. D'après le site FlightAware, plus de 3 500 vols ont été annulés en une seule journée. Les compagnies aériennes peinent à repositionner leurs avions et leurs équipages. Les voyageurs bloqués dans les terminaux expriment leur frustration sur les réseaux sociaux. Certains attendent depuis plus de 48 heures un vol de remplacement.

De surcroît, le transport ferroviaire n'est pas épargné. Amtrak, la compagnie nationale de trains, a suspendu plusieurs lignes dans le Midwest. Les rails peuvent se fissurer par grand froid, ce qui pose des risques de déraillement. Le fret ferroviaire subit également d'importants retards. Les chaînes d'approvisionnement sont perturbées, ce qui pourrait avoir des répercussions économiques significatives. Les experts estiment que le coût total de cette vague de froid pourrait dépasser les 5 milliards de dollars.

Les écoles et entreprises fermées

Face à ces conditions dangereuses, de nombreuses écoles ont fermé leurs portes. Les autorités préfèrent ne pas faire prendre de risques aux enfants sur des routes verglacées. Dans certains États, les établissements scolaires sont fermés depuis une semaine. Les cours à distance ont été réactivés en urgence, rappelant la période de la pandémie. Les parents doivent jongler entre télétravail et garde d'enfants. Cette situation compliquée génère un stress supplémentaire pour les familles.

  • Plus de 15 000 écoles fermées dans les États touchés par la vague de froid
  • Les entreprises enregistrent un taux d'absentéisme de 35% en moyenne
  • Le télétravail a bondi de 60% dans les régions les plus affectées
  • Les services postaux ont suspendu leurs livraisons dans plusieurs comtés

Comment se protéger face au froid extrême ?

Face à cette situation préoccupante, les autorités sanitaires multiplient les conseils de prévention. Le CDC (Centers for Disease Control and Prevention, l'agence de santé publique américaine) a publié des recommandations détaillées. La priorité est de limiter au maximum les sorties à l'extérieur. Quand on doit sortir, il faut se couvrir en plusieurs couches de vêtements. Les extrémités du corps (mains, pieds, oreilles, nez) doivent être particulièrement protégées.

En effet, l'hypothermie peut survenir très rapidement par ces températures. Les premiers signes incluent des frissons intenses et une confusion mentale. Si ces symptômes apparaissent, il faut immédiatement se mettre au chaud. Selon les médecins, le temps d'exposition fatal peut être de seulement 10 à 15 minutes par -40°C. Les engelures constituent un autre danger majeur. Elles peuvent causer des dommages permanents aux tissus en quelques minutes seulement.

Les gestes qui sauvent

Plusieurs réflexes simples peuvent faire la différence entre la vie et la mort. Tout d'abord, il est essentiel de vérifier régulièrement l'état de ses voisins, surtout s'ils sont âgés ou isolés. Un simple coup de téléphone peut alerter sur une situation de détresse. Ensuite, il faut éviter absolument de faire fonctionner des appareils de chauffage d'appoint au gaz ou au charbon à l'intérieur. Chaque année, des dizaines de personnes meurent d'intoxication au monoxyde de carbone pendant les vagues de froid.

Par ailleurs, les automobilistes doivent prendre des précautions particulières. Avant tout déplacement, vérifier la météo et l'état des routes s'impose. Garder une couverture de survie et de l'eau dans son véhicule peut sauver des vies. En cas de panne, il vaut mieux rester dans sa voiture et attendre les secours. Faire tourner le moteur périodiquement pour se réchauffer, en veillant à ce que le pot d'échappement ne soit pas obstrué par la neige. Ces conseils de bon sens peuvent paraître évidents, mais ils sont trop souvent négligés.

  • Superposer les couches : trois couches de vêtements (près du corps, isolante, protectrice) offrent la meilleure protection
  • Rester hydraté : le corps se déshydrate rapidement par temps froid, même sans transpirer
  • Éviter l'alcool : contrairement aux idées reçues, l'alcool augmente les risques d'hypothermie
  • Reconnaître les signes : frissons, confusion, somnolence excessive sont des alertes sérieuses
  • Appeler les secours : ne pas hésiter à composer le 911 en cas de doute sur son état ou celui d'un proche

Quelles perspectives pour les prochains jours ?

La question que tout le monde se pose est simple : quand cette vague de froid prendra-t-elle fin ? Selon les prévisionnistes du National Weather Service, un redoux est attendu en milieu de semaine prochaine. Les températures devraient progressivement remonter vers des valeurs plus normales pour la saison. Toutefois, le retour à la normale sera lent et progressif. Certaines régions resteront sous le gel pendant encore plusieurs jours.

En attendant, les autorités appellent à maintenir la vigilance. Une nouvelle perturbation neigeuse pourrait traverser le pays en fin de semaine. Cette situation météorologique instable complique les prévisions à moyen terme. Les services de secours restent en état d'alerte maximale. Quoi qu'il en soit, cette vague de froid restera dans les mémoires comme l'une des plus meurtrières de ces dernières décennies.

Le débat climatique relancé

Au-delà de l'urgence immédiate, cette crise relance le débat sur le changement climatique. Les scientifiques estiment que de tels événements deviendront plus fréquents. D'après une étude récente publiée dans Nature Climate Change, la fréquence des vagues de froid extrême pourrait doubler d'ici 2050. Ce constat paradoxal s'explique par la déstabilisation croissante du vortex polaire. Un monde plus chaud ne signifie pas la fin des hivers rigoureux, bien au contraire.

Finalement, cette crise met en lumière la nécessité d'adapter les infrastructures aux conditions météorologiques extrêmes. Les réseaux électriques doivent être renforcés et diversifiés. Les politiques de logement doivent intégrer l'isolation thermique comme une priorité absolue. Les filets de sécurité sociale doivent protéger les plus vulnérables face à ces crises climatiques. Ces investissements représentent certes un coût important, mais l'inaction coûterait infiniment plus cher en vies humaines et en dégâts matériels.

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Publié le 27 janvier 2026Par Julie Roux

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