Réunis à Erevan : 40 dirigeants et un message à Moscou

Réunis à Erevan pour le sommet de la Communauté Politique Européenne, quarante dirigeants ont affiché un front commun qui a concentré toute l'attention médiatique. L'Arménie, pays hôte, joue une partition plus complexe. Retirée de l'OTSC en 2024, engagée dans un accord de partenariat avec l'UE encore en cours de ratification en 2026, et toujours liée à Moscou par des flux commerciaux considérables, Erevan navigue entre deux blocs dans une posture géopolitique fragile que ce sommet illustre sans la résoudre.
Qui s'est réuni à Erevan le 4 mai 2026 ?
Le 4 mai 2026, quelque 40 chefs d'État et de gouvernement se sont réunis à Erevan pour le 8e sommet de la Communauté Politique Européenne (CPE). La CPE désigne le forum paneuropéen lancé en 2022 par Emmanuel Macron, conçu pour réunir États membres et non-membres de l'UE face aux crises du continent.
La délégation couvrait la quasi-totalité de l'Europe géographique : États membres de l'UE, Royaume-Uni, Turquie, pays des Balkans et nations du Caucase du Sud. Fait inédit, le Premier ministre canadien Mark Carney s'est joint aux dirigeants réunis à Erevan, signal fort d'alignement occidental dans un contexte post-G7.
Russie et Biélorussie étaient absentes par construction, la CPE excluant les États ayant violé le droit international européen depuis sa fondation. Le choix d'Erevan soulignait le basculement stratégique de l'Arménie vers l'UE, matérialisé par son retrait de l'OTSC et l'accord de partenariat UE-Arménie en cours de ratification (2025-2026).
Pourquoi l'Arménie a-t-elle accueilli le sommet de la CPE ?
Le choix d'Erevan est une décision politique, pas logistique. Depuis la perte du Haut-Karabakh en 2023, l'Arménie a engagé un basculement géopolitique vers l'Union européenne, visible dans chaque acte de gouvernance.
Réunis à Erevan, les 40 dirigeants valident ce pivot : l'accord de partenariat UE-Arménie, en cours de ratification depuis 2025, trouve dans ce sommet son symbole politique le plus fort. La Mission d'observation civile européenne (EUMA), déployée sur le terrain depuis 2023, illustre cette intégration progressive en termes concrets.
La rupture avec Moscou est explicite. L'Arménie a suspendu sa participation à l'OTSC (Organisation du Traité de Sécurité Collective) en 2024, sortant formellement de l'orbite sécuritaire russe. Accueillir la Communauté Politique Européenne traduit cette orientation en acte diplomatique.
Le signal vise aussi l'opinion intérieure. Selon Gallup International (2025), 65 % des Arméniens soutiennent le rapprochement avec l'UE. Réunis à Erevan, les dirigeants européens répondent à une aspiration populaire que deux années de sondages confirment.
Quelles décisions ont été prises lors du sommet d'Erevan ?
Réunis à Erevan, les 40 dirigeants n'ont adopté aucune décision contraignante. La Communauté Politique Européenne (CPE) reste un forum de dialogue : elle n'a ni traité fondateur, ni mécanisme de vote, ni budget commun.
La déclaration conjointe Europe-Canada actée en marge du sommet réaffirme trois engagements : soutien militaire et financier à l'Ukraine, rejet de toute paix imposée sans accord de Kiev, maintien des sanctions contre la Russie. Face aux signaux de l'administration Trump sur un possible retrait de l'OTAN, les signataires ont explicitement défendu le multilatéralisme comme cadre de sécurité collective.
Sur le dossier régional, les participants réunis à Erevan ont appelé à un cessez-le-feu durable entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, avec un renforcement du mandat de la Mission d'observation civile de l'UE en Arménie (EUMA), déployée depuis 2023. L'accord de partenariat UE-Arménie, en cours de ratification depuis 2025, a été mentionné comme levier de stabilisation.
Réunis à Erevan pour la cinquième édition de la CPE, les dirigeants ont produit un signal politique. Pas une architecture de décision.
Comment la Russie perçoit-elle la réunion diplomatique à Erevan ?
Moscou lit le sommet comme un acte hostile. Le porte-parole Dmitri Peskov a qualifié, le 3 mai 2026, les 40 dirigeants réunis à Erevan d'instrument d'« encerclement diplomatique », indiquant que le Kremlin ne perçoit pas la conférence arménienne comme un événement neutre.
La présence canadienne concentre une part de l'attention russe. Ottawa, membre fondateur de l'OTAN, est lu comme un vecteur d'influence atlantiste au Caucase du Sud, une région que Moscou revendique dans sa sphère d'intérêt historique.
Les leviers de pression restent concrets. Environ 150 000 Arméniens travaillent en Russie ; leurs remises de fonds constituent un flux structurel pour l'économie arménienne (Banque mondiale, 2025). Erevan importe encore environ 30 % de son gaz via la Russie, malgré une diversification engagée depuis 2023. Ces dépendances économiques constituent les outils de rétorsion les plus directs dont dispose Moscou face aux États réunis à Erevan.
Quels engagements concrets l'Arménie a-t-elle obtenus du sommet ?
Réunis à Erevan, les 40 chefs d'État et de gouvernement ont formalisé quatre engagements mesurables : 270 millions d'euros de soutien macro-financier débloqués en 2026, l'extension de la mission EUMA jusqu'en 2027, un soutien à la candidature arménienne au Conseil de l'Europe, et la reconnaissance de l'UE comme garant explicite du futur traité de paix avec Bakou.
La Mission d'observation civile de l'UE en Arménie (EUMA) désigne le dispositif de surveillance déployé depuis 2023 à la frontière arméno-azerbaïdjanaise. Ses effectifs passent à 209 observateurs, un renforcement qui matérialise la substitution progressive de Moscou par Bruxelles dans la gestion sécuritaire du Caucase du Sud.
Réunis à Erevan, les dirigeants ont aussi acté le soutien européen à la candidature arménienne au Conseil de l'Europe pour 2027. Cet engagement prolonge l'Accord de partenariat UE-Arménie, en cours de ratification depuis 2025, rendu politiquement possible par le retrait de l'OTSC.
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Publié le 4 mai 2026 • Par Rédaction ActuDuJour
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